Attractivité en temps de crise
March 11, 2010 by France Business Action
Publié le 10/03/2010 à 18:24 Le Point.fr
ATTRACTIVITÉ
Ces entreprises étrangères qui investissent en France malgré la crise
Par Marc Vignaud

Un employé de passe devant une turbine à gaz dans l'usine de General Electric installée à Belfort © AFP PHOTO / SEBASTIEN BOZON
Molex, Continental, Caterpillar, Philips, 3M, Scapa, Sony... On ne compte plus les entreprises étrangères qui, poussées par la crise, ont fermé des usines en France. Avec, parfois, l'accusation de la délocalisation. À tel point qu'on en oublie souvent l'envers du miroir, à savoir le nombre d'emplois créés dans l'Hexagone grâce aux investissements étrangers. Selon l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII), ils ont permis de maintenir ou de créer près de 30.000 emplois. Un chiffre en nette baisse par rapport à 2008 (- 6,4 %), mais qui s'inscrit dans une période de récession.
Au total, pas moins de 639 projets d'investissement étrangers créateurs d'emplois ont été recensés en 2009, contre 641 l'année précédente. Daimler va implanter une usine Smart en Lorraine, Lidl va créer une base logistique en Poitou-Charentes, Durga Ispar PVt Ltd, une entreprise indienne, va installer une unité de recyclage de métaux en Champagne-Ardenne...
"Les statistiques nous prédisaient une annus horribilis. Cela n'a pas été le cas, nos facteurs d'attractivité sont réels", s'est félicitée Christine Lagarde, en commentant ces résultats mardi. La ministre de l'Économie s'est emparée de ces chiffres encourageants pour vanter les résultats du gouvernement. Elle met en avant "la qualité de la main-d'oeuvre française", mais surtout "le crédit impôt recherche", qu'elle a qualifié de "blockbuster de l'attractivité française".
Les entreprises allemandes, premiers investisseurs
Si la ministre tente de tirer la couverture à elle juste avant les régionales, le bilan de la France en termes d'attractivité n'en reste pas moins plutôt flatteur. Certes, les flux d'investissement direct à l'étranger (IDE, un indicateur qui inclut également les opérations financières, telles que les fusions et acquisitions, et les flux financiers intragroupe) entrants ont diminué de 35 % en 2009, selon la Cnuced. Mais l'Hexagone reste, avec 65 milliards d'investissement l'année dernière, le 3e pays d'accueil des investissements directs étrangers dans le monde. Selon Ernst Young, cité par Bercy, la France était aussi le second pays d'accueil des investissements étrangers créateurs d'emplois en 2008.
D'où viennent ces investissements ? D'abord de l'Allemagne, qui passe pour la première fois depuis des années devant les États-Unis. Ceux-ci perdent leur place de premier investisseur étranger en France. Encore loin derrière, les investisseurs des pays émergents commencent à faire sentir leur force comme les équipementiers télécoms chinois Huawei ou ZTE en Ile-de-France.
Certaines entreprises apprécient tout particulièrement les conditions d'implantation offertes en France. C'est le cas de General Electric (américain), Bertelsmann (allemand) ou encore d'Ikea (suédois), qui investissent continuellement depuis cinq ans sur le territoire. De quoi relativiser l'impact des délocalisations sur le volume global d'emplois, d'autant que celles-ci n'ont représenté que 10 à 20 % des destructions d'emplois de 1995 à 2001, selon une étude de l'Insee.